dimanche 30 mars 2014

Produire au Luxembourg

On sait que l’importation de biens dépasse régulièrement ces dernières années les exportations en biens. Or, les biens importés comportent en principe une plus-value créée au lieu (pays) de production. Cette plus-value est évidemment rémunérée dans une certaine mesure par les marges de bénéfice du produit, pour autant que le producteur ne soit pas en situation de perte économique. Cette plus-value contribue à renforcer la demande intérieure du pays d’origine du produit par l’effet multiplicateur inhérent aux activités économiques. Or, pourquoi ne pas renforcer la demande intérieure du Luxembourg en s’appropriant la production de certains produits de consommation, hébergeant ainsi la plus-value de la création de ces produits au Luxembourg. Cette approche apporterait d’autres avantages :
· Les chemins de transport des produits finaux sont moins longs, entraînant :

  • des coûts moindres, avec des marges (de manœuvre) plus grandes ;
  •  moins de dégâts écologiques par des chemins de transport moins longs ;
  •  La demande intérieure peut être renforcée par les effets multiplicateurs des flux économiques internes ;
  • il y a de fortes chances qu'il y ait des créations d'emplois ou du moins du maintien d'emploi ce qui a pour effet : 
  • moins de coûts sociaux en cas de chômage ;
  • des recettes supplémentaires pour le fisc et la sécurité sociale ;
  • autres ?

Ces considérations s’intègrent dans un autre contexte : Près de 8.000 entreprises aux Luxembourg semblent chercher des repreneurs. Pourquoi ne pas faire une analyse de ces entreprises pour promouvoir celles qui contribuent à la consommation intérieure finale. La taille du Luxembourg est telle que la consommation finale intérieure ne nécessiterait que des PME.


Mais rien n’empêche (et c’est même souhaitable) que ces produits soient exportés. En effet, le Luxembourg est un laboratoire privilégié pour des études de marketing à cause des multiples nationalités qu’il héberge et à cause de la diversité culturelle permettant mieux d’étudier les impacts de marketing sur des populations externes ciblées.

Le Luxembourg devrait donc développer une politique de support très systématique pour garantir la continuité des entreprises cherchant un repreneur. S’il existe déjà des démarches institutionnelles (par exemple le service de la Chambre de Commerce dédiée à la transmission d’entreprise de« l’Espace Entreprise »), les pouvoirs publics pourraient analyser les moyens supplémentaires qu’ils pourraient mettre en œuvre dans un tel cadre, par exemple en augmentant les possibilités de la SNCI : il s'agirait de renforcer encore un peu plus une politique publique du crédit par des taux préférentiels pour les activités prioritaires sur les plans économique (par exemple créer des emplois,), social (par exemple maintenir des emplois) et environnement, en réduisant ainsi la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers avec ses mécanismes dangereux pour l'économie réelle.

On pourrait aussi s’imaginer (si cela n’existe déjà) que des spécialistes analysent en profondeurs les business plans des entreprises cherchant un repreneur et proposent des scénarios d’optimisation afin d’améliorer la promotion de ces entreprises. Une telle démarche pourrait rassurer des repreneurs éventuels par des perspectives de développement. On pourrait ainsi s’imaginer que des organisations comme par exemple la L.S.C. (Luxembourg senior consulting) pourraient jouer un rôle plus systématique dans de telles démarches.

Par ailleurs, une promotion plus intensive des produits luxembourgeois (et ne pas se limiter aux produits du terroir) pourrait être entreprise. Pourquoi ne pas mettre à la disposition des résidents du Luxembourg un répertoire national ouvert de tous les biens de consommation produits au Luxembourg et des lieux et vendeurs les distribuant. Un argument pour une telle publication pourrait être entre autres d’ordre écologique : les chemins de transport sont écourtés, produisant ainsi moins de CO2. On pourrait aussi s’imaginer que des supermarchés luxembourgeois pourraient éventuellement aménager un coin "Produits luxembourgeois" pour bien rendre attentif à cet aspect, même si ces produits sont encore une fois présentés dans les rayons habituels pour ne pas briser la logique de présentation des produits selon leurs natures et fonctions. Des supermarchés ont déjà des rayons« BIO ». Alors pourquoi ne pas disposer d’un rayon de "produits luxembourgeois" ?


Ci-après un article du Luxemburger Wort du 20/11/2012 (page 47) illustrant une approche analogue en Italie (cliquer dur l'image pour l'agrandir). 

  

Jean Leick / novembre 2012 


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