Les
syndicats dénient aux employeurs le droit de toucher aux acquis sociaux et leur
reprochent de rompre le dialogue social. Les dirigeants argumentent que les
pertes, aussi bien conjoncturelles que structurelles, ne permettent plus de
continuer dans la vieille logique où le monde économique semblait moins
globalisé et où il y avait essentiellement une croissance importante. Les
syndicats prêchent la continuité tandis que les patrons essaient d’assurer leur
survie dans un monde globalisé.
SALARIÉS
Or,
il faut constater que l’ancienne politique salariale des syndicats ne peut être
poursuivie parce que les paradigmes ont changé. En effet, un élément essentiel
des négociations collectives concernait des augmentations linéaires des
salaires de base. Pendant longtemps ceci n’a pas posé de problèmes parce que
l’économie était dans un état de croissance pendant des années et parce que les
partenaires économiques se trouvaient dans une situation « win-win ,
les surplus/plus-values de la croissance pouvant être partagés plus ou moins
équitablement entre les différents partis sans léser nécessairement le
partenaire d’une manière inacceptable, sous réserve que les 2 partis essaient
de trouver un équilibre en évitant qu’un des partenaires s’approprie tous les
surplus et que l’autre se retrouve dans une situation de statu quo ou de
moindre valeur. Or, ces dernières années l’économie se trouve, selon les
moments, en faible croissance, en stagnation ou même en récession. La situation
passe en partie d’une situation de « win-win » dans une situation
« de jeu à somme nulle » parce qu’il n’y a plus (ou moins) de surplus
à partager. Dans cette nouvelle situation, si un parti est gagnant, l’autre
risque d’être perdant parce qu’il n’y a plus de surplus à se partager, le
gâteau restant le même ou ayant même diminué. En cas de récession prolongée, on
pourra même retrouver à l’avenir une situation permanente de
« perdant-perdant ».
Or,
les augmentations salariales linéaires ont produit un acquis cumulatif
d’augmentation des rémunérations (effet multiplicateur et pas seulement
additif) qui perdure, même si la situation économique se détériore. Voyons ceci
par un exemple fictif: supposons qu’une entreprise connaisse une
croissance, même irrégulière par moments, de 1990 à 2005 et que chaque année et
il y ait eu des augmentations linéaires plus ou moins élevées suite aux
négociations collectives. Supposons encore que le salarié en question ait gagné
avant 1990 mille Euros par mois (même si c’étaient des francs luxembourgeois à
l’époque). Supposons encore qu’à partir de 2005, l’employeur dudit salarié
connaissait des périodes de stagnation sinon de récession. Le tableau ci-après
simule cette situation. Mais disons d’emblée que suite aux résultats de la
simulation, le salaire annuel avec charges patronales a augmenté dans cet
exemple fictif de 23,2 % (de 1989 – 2011) et que la masse salariale totale sur
toutes ses années a augmenté de 15,25 % suite aux augmentations linéaires (de
322 920 à 372 170). Cette augmentation acquise du niveau de salaire du
salarié fictif a continué à être supporté à partir de 2005 lorsque la situation
de l’entreprise s’était détériorée. Le patron traîne donc à partir de 2005,
suite aux bons résultats de 1990 à 2005, un poids au niveau de sa compétitivité
et risque de sombrer s’il n’y a pas de reprise. En effet, il doit intégrer, à
partir de 2005, dans ses calculs économiques des niveaux de rémunération de
base acquis qui ne correspondent plus à l’environnement
économique depuis 2005 (17 293 au lieu de 14 040). Ceci n’est pas une
appréciation concernant une éthique/morale de (re)distribution, mais un simple
constat économique sur base de calculs arithmétiques.
Or,
quelle serait la situation actuelle de Cargolux ou de Luxair s’il n’y avait pas
eu dans le passé des augmentations linéaires, mais des primes annuelles (non
reportées évidemment) en fonction des résultats, même si ces dernières étaient plus
ou moins substantielles. Supposons que le salarié de l’exemple précédant ait été
un ouvrier de Cargolux. Que le salaire de base soit resté le même de 1989 à
2011 et que les augmentations linéaires du modèle précédent aient été payées
sous forme de prime annuelle en cas de bénéfice et qu’il n’y aurait pas eu de
prime en cas de perte.
Le
total des rémunérations payées aurait augmenté quand même, mais la situation de
départ en 2012 pour les discussions de redressement de l’entreprise serait un
peu différente. Jusqu’en 2005, la masse salariale payée aurait été la même. Mais
à partir de 2006, la base de négociation en cas de stagnation ou de récession
aurait été différente, plus saine, quoique beaucoup moins favorable car les
primes annuelles n’auraient pas été dues. En effet, la différence annuelle de
la masse salariale aurait diminué de 17 293 à 14 040, ce qui ferait
une diminution de 3 253 € par an ou une baisse de 23,17 %.de la
rémunération Ceci ne veut pas dire que les négociations collectives à partir de
2006 n’auraient pas pu porter sur d’autres modalités d’avantages de
rémunération ou de mesures sociales, sans cependant entraîner une hypothèque
impayable du salaire de base en cas de stagnation ou de récession :
Pour
situer un peu l’enjeu de cette différence cumulée de 49 250 (exemple
fictif certainement sous-estimé d’une manière importante par rapport à la
réalité des niveaux de salaires payées à la Cargolux) pour ce salaire somme toute
minimal, l’application de l’exemple du salarié aux 1170 salariés de Cargolux (2011)
aurait entraîné une augmentation de l’ordre de grandeur de 57,6 millions par
rapport au premier modèle [= 1 170 salariés * (372 170 –
322 920)]. Le total de la masse salariale sur toutes ces années (1989 –
2011) aurait diminué, avec un système de primes annuelles, pour un salarié de
372 170 à 322 920 = 49 250 € ou de 2 141 en moyenne pour
les 23 ans.
N’oublions
pas en outre que les tranches indiciaires auraient donné des augmentations
supplémentaires se greffant sur les augmentations linéaires par un effet
multiplicateur. En effet, une augmentation linéaire de 2 % et une augmentation
due à l’échelle mobile des salaires de 1,67 % ne fait pas une augmentation
totale de 3,67 %, mais de 3,7034 %. Ces petites différences répercutées sur 23
ans ont quand même aussi leur effet, surtout si les effectifs sont importants. Le
tableau ci-après montre ces deux effets en
illustrant les deux situations :
·
Les
effets de l’indexation automatique des salaires sans augmentations
linéaires ;
·
Les
effets de l’indexation automatique des salaires avec augmentations
linéaires ;
Les
conséquences des 2 sortes d’augmentations dépendent évidemment du niveau des
augmentations linéaires et de l’échéance des tranches indiciaires au cours de
l’année (une tranche indiciaire dont l’échéance tombe en février a un effet
plus percutant qu’une échéance au mois de novembre en ce qui concerne l’incidence
globale dans l’année en cours). Dans l’exemple choisi, les augmentations
linéaires étaient seulement de 0,95 % en moyenne sur les 23 années (sachant que
de 2006 à 2011 le modèle ne faisait pas état d’augmentations linéaires) alors
que la moyenne des échéances indiciaires était de 2,06 % sur les 23 ans,
faisant état cependant de tranches indiciaires de 2005 à 2011.
On
constate (en fonction du modèle fictif des augmentations linéaires) que :
La
masse salariale annuelle dans le cas de l’impact de l’échelle mobile augmente
de 14 040 à 21 987 ce qui équivaut à 56,6 %.
La
masse salariale annuelle dans le cas de l’impact des augmentations linéaires et
de l’échelle mobile augmente de 14 040 à 27 081 ce qui équivaut à 92,9 %.
On
doit donc comparer 5 résultats au niveau du modèle élargi :
1.
Une
masse salariale de base sans augmentations linéaire
2.
Une
masse salariale de base avec augmentations linéaires du salaire de base
3.
Une
masse salariale de base avec un salaire de base constant, mais avec des primes
en cas de bénéfice ;
4.
Une
masse salariale augmentant seulement en fonction de l’échelle mobile ;
5.
Une
masse salariale augmentant en fonction des augmentations linéaires et de
l’échelle mobile ;
Les chiffres sont les suivants :
·
Ad
1 : 322 920
·
Ad
2 : 372 170
·
Ad
3 : 372 170
·
Ad
4 : 407 503
·
Ad
5 : 473 567
Donc,
on ne peut pas dire a priori que l’impact de l’une des catégories d’augmentation
soit plus importante que l’autre, tout dépendant du nombre et de l’échéance des
tranches indiciaires (dont les effets de la modération ne tiennent pas
actuellement compte de la réalité de l’inflation) et de l’ordre de grandeur des
augmentations linéaires. Mais l’impact cumulé des 2 sortes augmentations ne
peut être ni nié et ni négligé, l’employeur n’ayant aucune influence sur les
tranches indiciaires.
On
laisse au lecteur avisé le soin de tirer les conclusions nécessaires.
Donc,
le jeu des augmentations linéaires et de l’indexation automatique des salaires
assure en quelque sorte une « rente » permanente au salarié, quels
que soient les résultats de l’entreprise à l’avenir. Il semble évident que les
augmentations indiciaires et celles des conventions collectives ne font pas bon
ménage en période de récession et que leurs effets cumulatifs « historiques mais toujours
effectifs » pourront constituer un lourd boulet en période de récession.
ACTIONNAIRES
Selon
un schéma très réductionniste, la situation est en principe différente pour
l’actionnaire. Il reçoit en principe chaque année, selon son capital engagé,
des dividendes en fonction des résultats de l’entreprise. Ces dividendes sont
calculés sur des performances de l’entreprise et dépendent évidemment du nombre
d’actions que détient l’actionnaire, encore qu’il ne faut pas oublier qu’il
existe différentes sortes d’actions. En principe, les dividendes devraient
refléter les performances de l’entreprise, sans exclure que le conseil
d’administration décide de réinvestir les bénéfices (pour développer
l’entreprise et de garantir ainsi sa pérennité) et de payer moins de dividendes.
Si les résultats sont dans le rouge, les dividendes devraient être nuls en
principe. Mais ceci n’exclut pas que des entreprises versent abusivement des
dividendes même si elles sont en déficit. Donc, l’actionnaire perçoit en
quelque sorte chaque année une « prime de capital » en fonction des
résultats. Ceci n’exclut pas qu’il y ait des perversions pour manipuler les
résultats par des jeux d’écriture comptable (suspects) pour présenter les
résultats selon une certaine vue stratégique (encore qu’il y ait des règles
légales), que les managers puissent se verser des rémunérations sans aucun lien
avec les résultats (diminuant ainsi les bénéfices potentiels), que de l’argent puisse
être aussi pompé au profit de certains décideurs avant de déclarer une faillite
(frauduleuse ?) et autres mécanismes.
Cette
logique est illustrée, du moins partiellement, par les annonces de d’Arcelor-Mittal
qui dit diminuer les dividendes en 2013 de 0,75 € à 0,20 €. Cette baisse de
l’annonce laisse quand même des questions ouvertes si on sait que l’entreprise
traîne plus de 23 milliards de dollars de dettes qu’elle n’arrive pas à
rembourser. Les derniers ratings des agences en tiennent compte, considérant
que l’entreprise n’est plus un débiteur fiable. C’est à la lumière de ces
circonstances qu’il faudrait analyser la politique d’affaire d’Arcelor-Mittal
au Luxembourg. Il faut cependant ajouter qu’il ne sert à rien (par exemple pour
maintenir des emplois) de produire sur stocks des marchandises qui ne sont pas
vendues ou invendables pour diverses raisons, car les ressources financières
pour payer les inputs (dont les rémunérations) et les processus de transformations
(ne menant pas à une vente) vont vite s’épuiser.
SCHÉMA
SYNTHÉTIQUE RÉDUCTIONNISTE DES 2 CAS DE FIGURE
CONSIDÉRATIONS
SUITE À CES RÉFLEXIONS
Par
analogie, on peut donc dire que les rémunérations honorent la force de travail
et que les dividendes honorent l’apport de capital. On peut aussi avancer que
sans apports de capital, il n’y a pas de moyens financiers disponibles pour les
investissements nécessaires en vue de créer un appareil de production et
rémunérer, du moins au début (en attendant qu’il y ait des rentrées financières
suites aux premières ventes), les forces de travail. D’un autre côté, un
capital ne servant pas à financer les inputs de productions/services ne peut
faire travailler son capital que par des produits financiers, plus ou moins
sûrs/risqués, plus ou moins artificiels, plus ou moins de nature purement
spéculative avec des rendements plus ou moins élevés. Mais le capital ne peut
mener à un placement plus ou moins rentable à long terme s’il ne sert pas à
allouer des crédits qui génèrent des productions. Un monde économique sans
aucune production et seulement avec des capitaux placés sur un marché purement
financiers (avec ses jeux fictifs fantaisistes) sans une économie réelle en
background (et constituant de fait l’enjeu réel de l’économie) ne fait pas de
sens et ne peut perdurer (c’est comme jouer au Monopoly) en cercle fermé entre
financiers.
Quelles
pourraient être des règles justes pour rémunérer les salariés et les
actionnaires d’une manière équitable ? Qui a prééminence dans la fixation
des droits sur les résultats? Est-ce que le salarié peut revendiquer à juste
titre qu’il doit participer d’une manière égale ou même prioritaire aux
bénéfices par rapport à l’actionnaire parce que sans lui il n’y aurait pas de
production/prestation de produits/services générant des bénéfices ? Est-ce
que l’actionnaire peut argumenter que c’est seulement grâce à son apport de
capital dans des investissements productifs que des rémunérations peuvent être
générées et qu’il court en plus le risque d’une perte totale ou partielle de
son capital en cas de mauvaise conjoncture, sans oublier de fait que de mauvaises
performances en cas de récession ou de stagnation ne génèrent pas de
dividendes (rémunération de son capital) alors que le salarié a une rente
suite aux protections du droit du travail et des résultats des conventions
collectives conclues ?
Ces
questions génèrent d’autres questions. Par exemple, quels facteurs déterminent un
niveau de salaire juste : la force de travail physique, les connaissances,
l’employabilité (par une formation continue par exemple), le rendement du
travail fourni, les compétences professionnelles, la polyvalence, le temps de
travail presté, l’assiduité au travail, la fidélité à l’entreprise, la
pénibilité du travail (par exemple travail posté, travail irrégulier, des
situations de travail dangereuses et autres), les conditions de travail (par
exemple les nombreux voyages de service ne permettant pas une vie de famille
normale), la responsabilité encourue, les facultés de création et d’innovation,
un leadership important, complexe et difficile, l’autonomie de l’organisation
de son travail, l’engagement personnel, etc. Les paramètres peuvent être très
divers et nombreux. Il y en a qui font de l’ancienneté et de la formation scolaire
de base (diplôme) les critères fondamentaux pour les progressions salariales,
sans considérer que la formation scolaire est vite démodée et hors-jeu et qu’il
y a aussi des salariés qui ne profitent nullement de l’ancienneté pour
augmenter leur expérience professionnelle.
L’actionnaire
apporte du capital et n’a pas à se soucier de la complexité et des aléas du
fonctionnement d’une entreprise. A la fin de l’année, il tend la main pour
recevoir les dividendes plus ou moins élevés. Mais si l’accumulation de son
capital était due à des économies personnelles par un travail intensif et assidu
en se privant de bien de commodités dans la vie, l’appréciation de la situation
est peut-être différente par rapport à un riche héritier qui n’a jamais
travaillé de sa vie. Remarquons encore un autre aspect des économies
personnelles : Le salarié qui met de l’argent de côté, a été imposé avant
de faire ces économies. Donc la somme épargnée a été imposée. S’il place ces
économies, il sera encore et encore imposé sur ces économies qui lui ont déjà
demandé des efforts en renonçant par exemple à des commodités dans la vie. La
moralité de l’origine des capitaux peut être un autre débat, surtout si le
salarié a un niveau de rémunération tellement bas qu’il ne peut que survivre et
qu’il ne peut jamais faire des économies pour se créer un capital de base, même
pas pour s’acheter un logement. Dans ce cas, on se meut dans les théories
d’exploitation du marxisme.
La
génération et la redistribution des richesses constituent donc un débat
fondamental et la détermination de règles équitables devient de plus en plus
difficile, surtout en cas de récession ou de stagnation dans une économie
globalisée en récession où la conjoncture n’arrive plus à créer une situation
de « win-win », cette dernière rendant les questions de
redistribution moins ardues et moins conflictuelles.
Mais
une chose est certaine : sans capital, pas d’entrepreneurs créant des
entreprises pour générer des plus-values permettant une redistribution des
richesses (impôts, dividendes et rémunérations). Mais le salarié, ayant fait en
partie le choix (pas toujours personnel s’il n’arrive pas par exemple à se
constituer un capital de base pour créer une société) d’être salarié et pas
entrepreneur, ne peut exiger d’office une continuité des activités de
l’entreprise pour toucher une rémunération garantie si les produits créés ne
génèrent pas des rentrées financières permettant à l’entreprise de survivre.
Cette dernière condition de production est une réalité incontournable pour les
entreprises au Luxembourg qui ne sont pas maîtres des facteurs exogènes de leur
environnement économique.
Il
y a encore d’autres questions importantes qui se posent actuellement dans la
situation de crise qui risque de se développe en crise mondiale. Le mot d’ordre
est la croissance pour sortir de la crise. Les problèmes écologiques semblent être
oubliés. Mais l’urgence de la crise justifie-t-elle la création de n’importe
quels produits en quantités suffisantes, simplement pour s’en sortir, même si
les produits sont parfaitement inutiles et contraires aux exigences d’un
développement durable ? Comment gérer les problèmes environnementaux en
situation de crise. On n’en parle plus vraiment.
Un
débat sociétal, donc politique, fait actuellement défaut pour fixer les grandes
lignes qui devront être déclinées dans des activités réelles sur le terrain.
Les
dernières dénonciations de conventions collectives avec les remous sociaux y
relatifs sont des signes avant-coureurs de problèmes structurels graves et devraient
rendre attentif à ces futurs débats fondamentaux qui devront être menés sans
faute.
Mais
d’un autre côté il y a des urgences économiques en attendant de résoudre ces
problèmes sociétaux. Est-ce que le principe sacro-saint des acquis sociaux est
prééminent sur la survie d’une entreprise (exemple de la Luxguard) avec la
conséquence que finalement l’entreprise risque de fermer ses portes, le capital
étant devenu volatil au même titre que l’était le salarié en situation de
surchauffe économique avec un marché de travail tendu (plus de postes vacants
que de salariés ou demandeurs d’emplois) lui permettant de quitter sans regret
son entreprise pour gagner un peu plus chez le voisin alors que son employeur aura
peut-être investi des ressources importantes dans sa formation qu’il va
négocier ailleurs? Mais il est vrai qu’en période de stagnation/récession lorsque
l’offre d’emploi diminue et lorsque les licenciements pour raisons économiques
augmentent, la rotation volontaire des salariés pour trouver ailleurs de
meilleures conditions de travail diminue.
Il
y a cependant encore un autre déséquilibre. Le patron qui veut fermer son
entreprise pour des raisons personnelles (âge, problèmes de santé ou autres) ou
économiques (ses produits ne sont plus demandés, des investissements trop
importants et difficilement finançables sont nécessaires ou autres) ne peut le
faire en fermant du jour au lendemain et doit débourser des sommes importantes pour
la fermeture (plan social, etc.) alors que le salarié peut quitter son
entreprise en prestant simplement un préavis. Il est même possible que le
patron ne dispose pas des moyens financiers pour fermer son entreprise à moins
de demander l’insolvabilité. Tous les efforts d’une vie de travail peuvent
partir en fumée. Ce genre de contraintes peut
bien faire que des entrepreneurs potentiels renoncent à faire le pas de la
création d’entreprises.
Les
syndicats devront revoir leurs rôles et actions dans un monde économique
globalisé et ne pourront plus faire croire à leurs membres qu’une croissance
élevée des rémunérations est toujours possible. Les travailleurs devront se
rendre compte que le travail salarié bien rémunéré et garanti ne va pas de soi
et n’est pas un droit absolu acquis d’office échappant aux règles du marché.
Les
actionnaires/capitalistes (surtout financiers) devront réfléchir sur leurs
obligations morales et éthiques et sur leurs responsabilités sociales. Mais il
est parfois difficile de savoir qui sont ces actionnaires/capitalistes, comme
par exemple ces fonds de pensions ayant investi dans des entreprises
prometteuses de rendements importants. Heureusement qu’il existe encore. Des entrepreneurs
responsables (parfois certaines familles d’industriels, n’incluant pas
Arcelor-Mittal) visant le long terme en y associant une politique sociale
responsable et ne tombant pas dans la politique de certains stakeholders pour
qui tous les moyens sont bons pour obtenir des rendements élevés à court terme.
Les fonds de pension américains suivent souvent cette politique du rendement
élevé à court terme en pressant les dirigeants des entreprises à faire des
économies, à rationaliser à outrance, à augmenter continuellement la
productivité pour dégager des bénéfices importants à court terme et faire
augmenter ainsi les cotes de l’entreprise aux bourses. On peut trouver
l’exemple fictif suivant : Un salarié contribue à un fonds de pension qui
a dans son portefeuille des actions de son entreprise et où le gestionnaire du
fonds de pension presse, pour des raisons de rentabilité, les dirigeants à
licencier du personnel (dont le pauvre salarié contribuant au fonds de pension).
En d’autres termes, son fonds de pension le fait licencier et il ne va plus
faire à l’avenir des contributions au fonds de pension.Ce genre de politique
n’a pas le souci de la pérennité et de la responsabilité sociale de
l’entreprise et n’accepte pas de renoncer à des rendements élevés à court terme
pour garantir des bénéfices raisonnables à long terme. Heureusement que les PME
ne sont pas prises dans ce cercle vicieux et constituent de par leur nature
avec un bon business-plan une certaine garantie de la continuité. Mais elles
doivent veiller en premier lieu à ce que leurs produits/services trouvent toujours
des demandeurs.
Ajoutes concernant le texte
« Actionnaire versus Salarié »
Le texte, à sa lecture au début, peut faire croire qu’il y a quelques
contradictions. Ce n’est pas à exclure, l’esprit du rédacteur prenant parfois
des raccourcis que le texte couché ignore et qui ne sont pas clairs pour
lecteur. Suite aux remarques d’un ami, il me semble nécessaire d’ajouter
certaines réflexions subsidiaires.
Il faut d’abord distinguer les situations économiques sur le plan
macroéconomique : croissance (faible ou importante), stagnation et récession.
Ensuite il faut distinguer la situation d’une entreprise en particulier dans
son contexte macroéconomique. D’abord, il ne faut pas déduire d’un cas
particulier à la généralité et vice-versa. En récession générale, il peut y
avoir des entreprises qui continuent à gagner encore de l’argent tout comme il
peut y avoir en période de croissance des entreprises qui font des pertes pour
diverses raisons. Il peut y avoir des pertes à cause d’un mauvais management,
mais aussi parce que le contexte économique a évolué au point que les
produits/services de l’entreprise ne trouvent plus de demande (ou les deux à la
fois). On suppose généralement que les salariés doivent participer aux
bénéfices, mais je ne connais aucun cas où les salariés ont demandé de supporter
les pertes, éventuellement consécutives sur plusieurs années. Certains patrons
font des exploits pour rester à flot alors que les salariés vivent dans la
continuité et ne veulent rien savoir des difficultés de leur entreprise. S’il n
y a qu’une réalité économique pour une entreprise, il y a plusieurs manières de
l’apprécier selon les intérêts particuliers en jeu.
La Cargolux pourrait être un bon exemple pour illustrer les différents
cas de figure possibles du texte. Il faudrait cependant disposer du détail des
chiffres de l’entreprise. Si le volume du fret aérien diminue fortement, si les
prix baissent parce qu’il n’y a pas de demande suffisante (les règles du marché
jouent un moindre rôle s’il y un surplus de l’offre de transport et moins de
demande de transporte du fret), si le prix du kérosène augmente au point de ne
plus permettre le mode de fonctionnement routier en vitesse de croisière, si
les frais de fonctionnement sont pratiquement fixes en ce qui concerne les
effectifs et les infrastructures, alors les difficultés de Cargolux prennent un
autre aspect.
Par ailleurs, il me semble important de décrire d’abord les mécanismes
existants des facteurs en jeu dans la présente discussion pour en dégager les
principes, en décrire les faiblesses et proposer dans une deuxième phase les
règles et critères permettent de faire fonctionner la société telle que nous
voulons qu'elle fonctionne, à savoir que tout le monde puisse vivre dignement. Que la société européenne soit en demande
de renouvellement ne fait pas de doute. Il n’y a qu’à suivre dans la presse les
différents mouvements sociaux. Je me permets de signaler que j’ai connu
personnellement des cas bien précis où les représentants de certains syndicats
avaient des revendications excessives par rapport à la situation de
l’entreprise. Les syndicats sont restés dans ces cas dans leurs anciens rôles
de négociations collectives pour ne perdre ni la face et ni des membres
cotisants, tout en sachant que les entreprises étaient en difficultés sinon au
bord de la faillite. Cette démarche ne peut être que de courte durée car la
réalité économique pure et dure rattrape rapidement les acteurs.
S’il y a récession générale (comme cela s’annonce au niveau européen
ou sur les différents plans nationaux comme pour la Grèce par exemple), il est
évident que le gâteau de la richesse totale à partager diminue et que les moins
munis en souffrent en premier lieu. Et je suis absolument d’accord qu’il y a
des gens riches sans scrupules dans tous les lieux et domaines (capitalistes
financiers et autres), des nouveaux riches suspects (voir la presse au sujet
des millionnaires/milliardaires russes et récemment les articles sur les
fonctionnaires chinois corrompus, dont leurs dirigeants politiques aux plus
hauts niveaux) qui profitent sans vergogne des faiblesses du système. Mais ce
n’est pas en condamnant en bloc les détenteurs de capitaux qu’on va trouver une
solution. Il existe encore des entrepreneurs responsables, quant au niveau de
leur politique sociale. D’ailleurs, il existe des sociétés n’ayant pas un (des)
détenteur (s) de capital sur le(s)quel(s) on peut plaquer un (des) visage(s)
bien précis. La Luxair est un de ces exemples et le bon fonctionnement et
l’utilité de cette entreprise est à analyser plutôt au niveau de l’intérêt
national.
Concernant l’appréciation de la situation conjoncturelle, c’est seulement
le Statec qui peut constater, un certain temps après l’échéance annuelle de sa
clôture des statistiques, que le Luxembourg a été (en faible) croissance ou en
stagnation ou en récession. Les prévisions, indispensables pour les décisions,
ne peuvent rester que conjectures pendant un certain temps, d’autant plus qu’il
manque des données et que les modèles économiques sont incomplets (ce qui n’est
pas difficile avec les nombreux facteurs potentiellement en jeu). Si le
Luxembourg semble être actuellement en stagnation d’une manière générale, il
n’en reste pas moins des entreprises qui ne sont pas en pertes et dont les
bénéfices peuvent rester toujours élevés tout en allant éventuellement en
diminuant à l’avenir.
Les raisons des entreprises en faillite peuvent avoir diverses
raisons :
·
les
clients sont mauvais payeurs (dont l’État et les communes) mettant les
entreprises en difficultés de liquidités ;
·
il y
en a qui sont en faillite parce qu’ils ont vu de bonne foi trop grand et qu’ils
avaient un business-plan qui ne tenait pas la route (s’ils en avaient
un) ;
·
il y
a des entreprises où le chiffre d’affaires et les marges diminuent sur
plusieurs années à cause de facteurs exogènes non-maîtrisables, ne permettant
plus de payer les frais variables (sans même parler des frais fixes);
·
il y
a des entreprises qui n’avaient pas vu venir les évolutions des marchés et qui
ne se sont pas renouvelées à temps ;
·
il y
a bien sûr aussi la faillite frauduleuse ;
·
et
bien d’autres raisons encore.
Ajoutes concernant le
texte « Actionnaire versus Salarié »
Le texte, à sa lecture au
début, peut faire croire qu’il y a quelques contradictions. Ce n’est pas à
exclure, l’esprit du rédacteur prenant parfois des raccourcis que le texte
couché ignore et qui ne sont pas clairs pour lecteur. Suite aux remarques d’un
ami, il me semble nécessaire d’ajouter certaines réflexions subsidiaires explicatives.
Il faut d’abord distinguer
les situations économiques sur le plan macroéconomique : croissance (faible ou
importante), stagnation et récession. Ensuite il faut distinguer la situation
d’une entreprise en particulier dans son contexte macroéconomique. D’abord, il
ne faut pas déduire d’un cas particulier à la généralité et vice-versa. En
récession générale, il peut y avoir des entreprises qui continuent à gagner
encore de l’argent tout comme il peut y avoir en période de croissance des
entreprises qui font des pertes pour diverses raisons. Il peut y avoir des
pertes à cause d’un mauvais management, mais aussi parce que le contexte
économique a évolué au point que les produits/services de l’entreprise ne
trouvent plus de demande (ou les deux à la fois). On suppose généralement que
les salariés doivent participer aux bénéfices, mais je ne connais aucun cas où
les salariés ont demandé de supporter les pertes, éventuellement consécutives
sur plusieurs années. Certains patrons font des exploits pour rester à flot
alors que les salariés vivent dans la continuité et ne veulent rien savoir des
difficultés de leur entreprise. S’il n y a qu’une réalité économique pour une
entreprise, il y a plusieurs manières de l’apprécier selon les intérêts
particuliers en jeu.
La Cargolux pourrait être
un bon exemple pour illustrer les différents cas de figure possibles du texte.
Il faudrait cependant disposer du détail des chiffres de l’entreprise. Si le
volume du fret aérien diminue fortement, si les prix baissent parce qu’il n’y a
pas de demande suffisante (les règles du marché jouent un moindre rôle s’il y
un surplus de l’offre de transport et moins de demande de transporte du fret),
si le prix du kérosène augmente au point de ne plus permettre le mode de
fonctionnement routier en vitesse de croisière, si les frais de fonctionnement
sont pratiquement fixes en ce qui concerne les effectifs et les
infrastructures, alors les difficultés de Cargolux prennent un autre aspect.
Par ailleurs, il me semble
important de décrire d’abord les mécanismes existants des facteurs en jeu dans
la présente discussion pour en dégager les principes, en décrire les faiblesses
et proposer dans une deuxième phase les règles et critères permettent de faire
fonctionner la société telle que nous voulons qu'elle fonctionne, à savoir que
tout le monde puisse vivre dignement. Que
la société européenne soit en demande de renouvellement ne fait pas de doute. Il
n’y a qu’à suivre dans la presse les différents mouvements sociaux. Je me
permets de signaler que j’ai connu personnellement des cas bien précis où les
représentants de certains syndicats avaient des revendications excessives par
rapport à la situation de l’entreprise. Les syndicats sont restés dans ces cas dans
leurs anciens rôles de négociations collectives pour ne perdre ni la face et ni
des membres cotisants. Cette démarche ne peut être que de courte durée car la
réalité économique pure et dure rattrape rapidement les acteurs.
S’il y a récession
générale (comme cela s’annonce au niveau européen ou sur les différents plans
nationaux comme pour la Grèce par exemple), il est évident que le gâteau de la
richesse totale à partager diminue et que les moins munis en souffrent en
premier lieu. Et je suis absolument d’accord qu’il y a des gens riches sans
scrupules dans tous les lieux et domaines (capitalistes financiers et autres), des
nouveaux riches suspects (voir la presse au sujet des
millionnaires/milliardaires russes et récemment les articles sur les
fonctionnaires chinois corrompus, dont leurs dirigeants politiques aux plus
hauts niveaux) qui profitent sans vergogne des faiblesses du système. Mais ce
n’est pas en condamnant en bloc les détenteurs de capitaux qu’on va trouver une
solution. Il existe encore des entrepreneurs responsables, quant au niveau de
leur politique sociale. D’ailleurs, il existe des sociétés n’ayant pas un (des)
détenteur (s) de capital sur le(s)quel(s) on peut plaquer un (des) visage(s)
bien précis. La Luxair est un de ces exemples et le bon fonctionnement et
l’utilité de cette entreprise est à analyser plutôt au niveau de l’intérêt
national.
Concernant l’appréciation
de la situation conjoncturelle, c’est seulement le Statec qui peut constater, un
certain temps après l’échéance annuelle de sa clôture des statistiques. que le
Luxembourg a été (en faible) croissance ou en stagnation ou en récession. Les
prévisions, indispensables pour les décisions, ne peuvent rester que
conjectures, d’autant plus qu’il manque des données et que les modèles
économiques sont incomplets (ce qui n’est pas difficile avec les nombreux
facteurs potentiellement en jeu). Si le Luxembourg semble être actuellement en
stagnation d’une manière générale, il n’en reste pas moins des entreprises qui
ne sont pas en pertes et dont les bénéfices peuvent rester toujours élevés tout
en allant éventuellement en diminuant.
Les raisons des entreprises
en faillite peuvent avoir diverses raisons :
·
les clients sont
mauvais payeurs (dont l’État) mettant les entreprises en difficultés de
liquidités ;
·
il y a qui sont en
faillite parce qu’ils ont vu de bonne foi trop grand et qu’ils avaient un
business-plan qui ne tenait pas la route (s’ils en avaient un) ;
·
il y a des
entreprises où le chiffre d’affaires et les marges diminuent sur plusieurs
années ne permettant plus de payer les frais variables (sans même parler
des frais fixes);
·
il y a des
entreprises qui n’avaient pas vu venir les évolutions des marchés et qui ne se
sont pas renouvelées à temps ;
·
il y a bien sûr
aussi la faillite frauduleuse ;
·
et bien d’autres raisons
encore.
Jean Leick / novembre 2012
Jean Leick / novembre 2012
Ajoute concernant le texte
« Actionnaire versus Salarié »
Le texte, à sa lecture au
début, peut faire croire qu’il y a quelques contradictions. Ce n’est pas à
exclure, l’esprit du rédacteur prenant parfois des raccourcis que le texte
couché ignore et qui ne sont pas clairs pour lecteur. Suite aux remarques d’un
ami, il me semble nécessaire d’ajouter certaines réflexions subsidiaires.
Il faut d’abord distinguer
les situations économiques sur le plan macroéconomique : croissance (faible ou
importante), stagnation et récession. Ensuite il faut distinguer la situation
d’une entreprise en particulier dans son contexte macroéconomique. D’abord, il
ne faut pas déduire d’un cas particulier à la généralité et vice-versa. En
récession générale, il peut y avoir des entreprises qui continuent à gagner
encore de l’argent tout comme il peut y avoir en période de croissance des
entreprises qui font des pertes pour diverses raisons. Il peut y avoir des
pertes à cause d’un mauvais management, mais aussi parce que le contexte
économique a évolué au point que les produits/services de l’entreprise ne
trouvent plus de demande (ou les deux à la fois). On suppose généralement que
les salariés doivent participer aux bénéfices, mais je ne connais aucun cas où
les salariés ont demandé de supporter les pertes, éventuellement consécutives
sur plusieurs années. Certains patrons font des exploits pour rester à flot
alors que les salariés vivent dans la continuité et ne veulent rien savoir des
difficultés de leur entreprise. S’il n y a qu’une réalité économique pour une
entreprise, il y a plusieurs manières de l’apprécier selon les intérêts
particuliers en jeu.
La Cargolux pourrait être
un bon exemple pour illustrer les différents cas de figure possibles du texte.
Il faudrait cependant disposer du détail des chiffres de l’entreprise. Si le
volume du fret aérien diminue fortement, si les prix baissent parce qu’il n’y a
pas de demande suffisante (les règles du marché jouent un moindre rôle s’il y
un surplus de l’offre de transport et moins de demande de transporte du fret),
si le prix du kérosène augmente au point de ne plus permettre le mode de
fonctionnement routier en vitesse de croisière, si les frais de fonctionnement
sont pratiquement fixes en ce qui concerne les effectifs et les
infrastructures, alors les difficultés de Cargolux prennent un autre aspect.
Par ailleurs, il me semble
important de décrire d’abord les mécanismes existants des facteurs en jeu dans
la présente discussion pour en dégager les principes, en décrire les faiblesses
et proposer dans une deuxième phase les règles et critères permettent de faire
fonctionner la société telle que nous voulons qu'elle fonctionne, à savoir que
tout le monde puisse vivre dignement. Que
la société européenne soit en demande de renouvellement ne fait pas de doute. Il
n’y a qu’à suivre dans la presse les différents mouvements sociaux. Je me
permets de signaler que j’ai connu personnellement des cas bien précis où les
représentants de certains syndicats avaient des revendications excessives par
rapport à la situation de l’entreprise. Les syndicats sont restés dans ces cas dans
leurs anciens rôles de négociations collectives pour ne perdre ni la face et ni
des membres cotisants. Cette démarche ne peut être que de courte durée car la
réalité économique pure et dure rattrape rapidement les acteurs.
S’il y a récession
générale (comme cela s’annonce au niveau européen ou sur les différents plans
nationaux comme pour la Grèce par exemple), il est évident que le gâteau de la
richesse totale à partager diminue et que les moins munis en souffrent en
premier lieu. Et je suis absolument d’accord qu’il y a des gens riches sans
scrupules dans tous les lieux et domaines (capitalistes financiers et autres), des
nouveaux riches suspects (voir la presse au sujet des
millionnaires/milliardaires russes et récemment les articles sur les
fonctionnaires chinois corrompus, dont leurs dirigeants politiques aux plus
hauts niveaux) qui profitent sans vergogne des faiblesses du système. Mais ce
n’est pas en condamnant en bloc les détenteurs de capitaux qu’on va trouver une
solution. Il existe encore des entrepreneurs responsables, quant au niveau de
leur politique sociale. D’ailleurs, il existe des sociétés n’ayant pas un (des)
détenteur (s) de capital sur le(s)quel(s) on peut plaquer un (des) visage(s)
bien précis. La Luxair est un de ces exemples et le bon fonctionnement et
l’utilité de cette entreprise est à analyser plutôt au niveau de l’intérêt
national.
Concernant l’appréciation
de la situation conjoncturelle, c’est seulement le Statec qui peut constater, un
certain temps après l’échéance annuelle de sa clôture des statistiques. que le
Luxembourg a été (en faible) croissance ou en stagnation ou en récession. Les
prévisions, indispensables pour les décisions, ne peuvent rester que
conjectures, d’autant plus qu’il manque des données et que les modèles
économiques sont incomplets (ce qui n’est pas difficile avec les nombreux
facteurs potentiellement en jeu). Si le Luxembourg semble être actuellement en
stagnation d’une manière générale, il n’en reste pas moins des entreprises qui
ne sont pas en pertes et dont les bénéfices peuvent rester toujours élevés tout
en allant éventuellement en diminuant.
Les raisons des entreprises
en faillite peuvent avoir diverses raisons :
·
les clients sont
mauvais payeurs (dont l’État) mettant les entreprises en difficultés de
liquidités ;· il y a qui sont en faillite parce qu’ils ont vu de bonne foi trop grand et qu’ils avaient un business-plan qui ne tenait pas la route (s’ils en avaient un) ;
· il y a des entreprises où le chiffre d’affaires et les marges diminuent sur plusieurs années ne permettant plus de payer les frais variables (sans même parler des frais fixes);
· il y a des entreprises qui n’avaient pas vu venir les évolutions des marchés et qui ne se sont pas renouvelées à temps ;
· il y a bien sûr aussi la faillite frauduleuse ;
· et bien d’autres raisons encore.

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